Publications connexesArt majeur ou simple dégénérescence ?
Premier contact
(28 février 2009) Intégralement vêtus de noir dans une ruelle au combien silencieuse, vos fidèles serviteurs avaient tout particulièrement soignés leur apparence ce soir là ; Maitre Libertango et Soumise Lamyss ^o^ s'étaient prêtés avec apparat au jeu de la circonstance. Il est si rare en effet de pouvoir laisser libre cour à ses penchants les plus mystérieux. Pour cette occasion, Lamyss de Pompadour avait revêtu ses plus beaux atours, talons majestueux prolongés par des bas à lacets, robe seyante délicatement brodée mettant en valeur son corps comme l'écrin l'est à son bijou, gorge ceinte d'un collier en dentelle et dessous à la sobriété intemporelle ; Libertango quant à lui, portait avec reconnaissance un costume de la meilleure coupe avivé d'une chemise à jabot au ton subtilement sacerdotal.
Nous frappâmes tour à tour à la minuscule porte délicieusement opprimée par les affres du temps. Lorsqu'elle s'ouvrit, c'est avec appréhension que nous fîmes alors notre entrée dans cet emblématique lieu du bondage sadomasochiste ; le si bien nommé Cris & Chuchotements.
Telle une sentinelle abritée par son échauguette, une femme à la vingtaine d'années frémissante, aussi fuligineuse qu'elle était céleste nous scruta sans mot dire. D'un geste de la main, celle-ci nous invita à nous approcher du parloir aux barreaux de suie ; ce que nous fîmes quelque peu destourbés par cet accueil singulier. Alors que Lamyss se dévêtait, je m'imprégnais de l'atmosphère méphitique de notre antichambre. Pièce exigüe à la décoration surannée, exhalaisons aussi déplaisantes qu'indescriptibles exacerbaient le chaos ambiant... A rebours, les Vilaines (*) en poche, nous descendîmes l'escalier aux fières marches non sans guigner pudiquement l'écritoire étrillé...
Le contraste fut saisissant. Parquet parfaitement entretenu, meubles somptueux, candélabres exquis, statuettes incubes disposées avec soin, la crypte était magnifique.
Nous étions seuls.
L'atmosphère suffocante intimait néanmoins à faire séant. Nous jetâmes notre dévolu sur des fauteuils dorés de style louis XV savamment disposés là. Dans le plus grand silence, nous observâmes avec nonchalance le ballet majestueux des volutes de fumées distillées par quelques bâtonnets d'encens aux fragrances entêtantes. Sévères et attentistes ; le buste droit, les jambes serrées, les mains plaquées sur nos cuisses, nous prîmes la pose...Alors que nos esprits se perdaient en pensées absconses, le tintement mélodieux d'un carillon nous libéra de nos songes. Les marches de l'escalier grommelèrent ; puis les craquements sourds s'intensifièrent. Bientôt, nous aperçûmes un homme d'une quarantaine d'année au physique austère portant en bandoulière un sac regorgeant de victuailles ; visiblement il était de talent (**). Sans un mot, ni même un regard porté à notre encontre, il prit place à notre droite ; ce qui lui permit pendant les vingt minutes qui suivirent de nous examiner à loisir sans que nous puissions faire de même sans attirer son attention. Dès que nous chuchotions ou que nous changions de posture, il nous fixait intensément. Parfois nous l'observions à ses dépends. Le gaillard était impassible, immobile, glacial. Enfant modèle qui caressait inconsciemment son cartable de la main ; ce comportement augurait un dessein des plus ambigus.
L'orgue tinta à nouveau. Cette fois-ci, ce fut un couple qui descendit les marches. Ils s'installèrent à notre gauche non loin du bar. Peu à peu, hommes et femmes nous rejoignirent vêtus dans leur grande majorité de tenues fétichistes mélangeant noirceur, latex, résille et cuir. Personne ne dérogeait aux règles d'habillement instituées en ce lieu. Les invités arboraient des vêtements de grand standing magnifiés par des physiques on ne peut plus agréables. Certains se connaissaient apparemment mais le chuchotement restait de rigueur...
C'est alors que Pascal le maitre des lieux fit son entrée. Très attendu, l'homme fut acclamé par l'assemblée constituée. Charmant, diplomate, il vint nous saluer tour en tour. Durant ces brefs entretiens, les dominants proposèrent soumis et prestations offertes ; les mises à prix initiales furent ainsi fixées dans le plus grand des secrets.
La salle était comble, les esprits s'échauffaient. La vente aux esclaves pouvait débuter...
(A suivre)
(*) Monnaie qui permet d'acheter soumis et services associés lors de la vente aux esclaves.
(**) Maitres ou soumis reconnus pour la qualité de leurs prestations.
9 contributions:
Bonsoir à vous deux,
Je dois avouer que nous attendions ce récit avec grande impatience. Notre attente est récompensée, votre prose est exquise et étanche déjà notre curiosité sur ce club et ses pratiques. Nous nous régalerons de la suite, j'en suis certaine !
Bises à vous deux,
Clémentine et Maxime
Ps : étiez-vous au No comment samedi soir ??
Bonsoir amis joueurs,
Magnifique!
Vous alliez avec bonheur la richesse de la description à celle du style.
Que rajouter à ces mots qui me font irrésistiblement replonger dans le souvenir de cette nuit et de ce temple des phantasmes?
Peut-être une impression diffuse, celle de la mémoire de tous les jeux passés en ce lieu, les restes d'échos de cris échappés des salles de tortures, de claquements de fouets...
Et que dire de votre supplice consistant à faire durer le plaisir pour connaître la suite de votre histoire?... Comme c'est bon!
Mais je ne serai pas en reste et attendrai (impatiemment) le prochain acte pour entrer en scène...
Merci pour ces morceaux de rêves.
Bises libertines
P.P
J'avais déjà cherché des photos de l'intérieur de ce club et n'en avais pas trouvé. Auriez-vous profité d'être seul pour en prendre vous-même, ou êtes-vous un meilleur chercheur que moi ?
Je dois bien dire que j'étais curieux d'avoir une description des activités de ce club. Merci à vous de vous être dévoués pour la cause !
Douces bises.
@ M. Chapeau
On peut trouver des photos sur le site du club dans la rubrique galerie.
@ P.P :
Merci pour vos compliments. Quel mystère...
@ Clémentine & Maxime
La suite réserve bien des surprises effectivement. (Nous n'étions pas au No Comment samedi dernier mais on arrivera bien à se rencontrer un jour)
Ah tiens oui ! Soit c'est nouveau, soit je n'ai pas de mémoire. Bah, ça doit être le deux ; je n'ai probablement pas de .. euh, de quoi déjà ?
ce récit commence bien... je suis ravi que vous ayez franchi les portes de C&C, chose que je n'ai pas encore faite même si je pratique les jeux de BDSM et si ma curiosité m'attire... Une fois peut-être, avec vous, qui sait...
Bien à vous
massagesensuel
Bonjour les Libertango,
Nous avons été un peu déçus par le Club "Cris et Chuchotements" et nous sommes rendus, du coup, au No Comment (aaah le No Comment... Soupir rêveur).
Mais, nous allons écouté les précieux conseils reçus sur Doctissimo, ne pas rester sur notre déception, et aller à la prochaine vente aux esclaves (avec nos mignardises et vilaines en poche bien entendu) ;)
Au plaisir et merci pour vos si beaux récits qui nous font voyager dans des contrées lointaines et enchanteresses.
Lita 35
Bienvenue parmi nous Lita35,
Merci ;)
Comme je vous l'ai déjà soufflé, la vente aux esclaves est un évènement exceptionnel.
Bises libertines.
ps : nous allons bientôt publié la suite de ce récit perdu suite à une mauvaise manipulation de notre part.
Aujourd'hui, c'était la première fois que j'entrais dans "Cris et chuchotement". C'est génial car on peut réaliser de nouveaux fantasmes, et c'était une nouvelle expérience pour moi. La seul chose qui m'a un peu déçu, c'est que je m'attendait à ce que les femmes soient plus ouvertes aux jeux SM. La plupart des femmes à qui j'ai demandé m'ont répondu négativement. peut-être avaient-elles déjà un partenaire ou peut-être également le manque d'expérience dans le SM. Néanmoins j'ai pû quand même en fin de compte avoir quelques unes de mes vieilles expériences: préliminaires et faire l'amour.
Un homme
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