vendredi 12 juin 2009

(Club) Théâtre Chochotte


(Samedi 23 mai 2009) N'avez-vous jamais remarqué à quel point l'on passe à côté de certains lieux, certaines particularités architecturales sans œil frémir ? La rue St André des Arts que nous pensions connaître dans les moindres recoins pour y avoir des années durant flâné, abritait en son "Saint" un véritable trésor ; abraxas qui ne tarderait pas à tinter de mille éclats en cette féconde après-midi de prairial.

Alors que la foule insatisfaite vaquait à ses préoccupations désordonnées ; que celle-ci se pressait, se compressait, se broyait de désir ; vos diaristes en ordonnés serre-files arpentaient la grand rue dans l'espoir d'échapper à la funeste inquisitrice. Lorsqu'enfin l'abigéat nous appropria, nous happa ; ce fut libératoire. Oui ! Chochotte, théâtre de l'érotisme transcendé deviendrait alors pour quelques temps durant notre lucernaire.

Nous abordâmes le sacquetier. L'échange fut courtois. Nonchalamment, nous laissâmes échapper quelques piécettes sur le comptoir. La chimérique Arizona nous invita à descendre... Seigneur, nous louons votre grâce devant tant de beauté ! Elle referma le puits derrière nos pas...

Ornements rubigineux, peintures aux formes et teintes délicieusement baroques, sacomes aux subtiles protubérances, miroirs sénescents judicieusement posés, drapés aux mille couleurs ; l'antre invitait irrésistiblement les voyageurs à l'abandon... Nous fîmes séant au premier rang non sans avoir omis de saluer comme il se devait l'assemblée de gentilshommes constituée. Nous ne manquâmes pas d'adresser un sourire connivent à la nudité languissante qui se contorsionnait amoureusement à même le tapis d'Aubusson ; dorlotée qu'elle était par une musique de chambre qui emplissait majestueusement notre vestibule.

Les instruments se turent, la lumière tamisée laissa place aux ténèbres.

Fragrance et silence...

(...)

[Nous avons constaté que les habitués du Chochotte (un petit clin d'œil à Matapan qui était présent dans l'auditoire) ont pour usage de ne jamais expliquer précisément ce à quoi il ont pu assister, vivre en ce lieu ; une manière semble t-il de préserver leurs secrets. Nous nous plierons donc à cette tradition.

Ce que nous pouvons simplement vous dire est que pendant près de trois heures, nous avons assisté aux chorégraphies réalisées par des danseuses absolument ravissantes, forts démonstratives et très proches de leur public. Que cela soit Arizona que vous pouvez découvrir dans la première partie de la vidéo postée dans ce billet, Valentina la diablesse au corps magnifique et Sidney, perle des îles lointaines ; toutes nous ont véritablement charmé cette après midi-là.

Espérant ne pas trahir un secret d'alcôve, nous nous permettrons malgré tout de vous susurrer cette anecdote... Après avoir été câlinée par Arizona, Lamyss a eu l'immense privilège d'être invitée par Sidney alors totalement nue à un duo saphique pendant lequel elles échangèrent de nombreuses caresses et (...) sous les regards attentifs des spectateurs. Des instants merveilleux qui émoustillèrent tant Lamyss que Libertango...




Merci à vous toutes pour ce moment exceptionnel passé en votre compagnie. Stéphane, toutes nos félicitations pour ce lieu hors du commun ! Il nous tarde déjà d'y séjourner à nouveau.]

4 contributions:

zebre et tigrounet a dit…

Excellent ce papier sur le théâtre Chochotte! J'avoue que ça m'était sorti de la tête: une bonne idée de sortie pour ma Tigresse... qui aimerait beaucoup qu'il lui arrive le privilège connu par Lamyss...

 Libertango et Lamyss a dit…

Bonjour,

Merci. ;)

L'entrée que vous allez régler (80 euros pour un couple) est valable pour la journée entière. Vous pouvez donc assister aux prestations des danseuses de l'après-midi, puis aller dîner dans ce quartier charmant et revenir au théâtre ensuite pour découvrir ce que celles en soirée vous réservent.

Bises libertines

Eurodude a dit…

"Nonchalamment, nous laissâmes échapper quelques piécettes sur le comptoir."
Avec tout vot´ respect, Mylord, ce genre de phrase et d´attitude n´est ni classe ni élégant, mais vulgaire, voire puant. Comme avait dit un grand homme, "quand on lit cela, on a envie de devenir communiste".

Mais bon.... ce blog n´en est pas moins intéressant, ne serait-ce que d´un point de vue sociologique.

Libertango et Lamyss a dit…

Bonjour Eurodude,

Quel que soit l'auteur, lorsque le lecteur prend la peine de lire un récit dès ses premières lignes, cela lui permet de relever nombre d'indices ; le vocabulaire employé en est un. En effet, la bonne compréhension de certains mots tels que "Saint, abraxas, prairial, serre-files, inquisitrice, abigéat, ect..." ou même "lucernaire" vous aurait évité de considérer "piécettes sur le comptoir" comme une marque de vulgarité mais comme une normalité à cette époque.

Mais bon... vous êtes tout excusé alors même que nous savons qui vous êtes. La prochaine fois, merci d'utiliser votre véritable pseudo.

Bon week-end !

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